Arles in Black

Les Rencontres d’Arles, j’y suis allé !

Voilà ce que je pourrais désormais dire. Je n’ai pourtant fait que quelques expositions et les rencontres c’est bien plus que ça, du magnifique comme du désastreux. Et je ne parle pas que des expositions …

Je vous emmène pour un petit weekend en terre arlésienne.

Les rencontres

Arles est une terre de photographie : elle héberge l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie (ENSP), très réputée, et héberge tous les ans, depuis 44 ans maintenant, un festival international de photo : j’ai nommé « Les Rencontres d’Arles ». Tout photographe un tant soit peu sérieux se doit d’aller y faire un tour.

Le thème de cette année était le noir & blanc, d’où l’appellation « Arles in Black ». Voici le site internet consacré au festival qui se déroulait du 1er juillet au 22 septembre. Mais ce fameux festival, qu’est-ce que c’est ?

Et bien pour commencer, ce sont bien sûr un tas d’expositions, une cinquantaine, réparties en divers lieux de la ville et sur 4 thématiques :

  • Moi
  • Eux
  • Albums
Je vous renvoie au plan des rencontres (PDF à télécharger) pour les détails.

Il y a plusieurs expositions dans le centre-ville, mais aussi dans ce qu’on appelle les Ateliers. Ce sont en fait d’anciens ateliers de la SNCF désaffectés et reconvertis pour le festival. Ils regroupent beaucoup d’expositions au même endroit, dans une ambiance cité industrielle désaffectée délectable.

Mais les rencontres, comme leurs noms l’indiquent, c’est surtout l’occasion de rencontrer d’autres artistes, notamment pendant la semaine d’ouverture, par le biais de visites commentées par les artistes eux-mêmes, ou par des photographes-médiateurs; par le biais de workshop et d’ateliers sur un weekend ou une semaine; par le biais de nuits de la photographie consacrées à un artiste en particulier … Bref, les rencontres, c’est l’occasion d’échanger avec le milieu des artistes photographes.

Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de participer à ces échanges car la plupart se déroulent pendant la semaine d’ouverture, début juillet.

Expositions

Je vous propose un petit tour des quelques expositions que j’ai pu voir lors de ce weekend de visite.

  • Gilbert Garcin : Ce grand monsieur (84 ans) réalise des montages en mettant en scène sa silhouette (parfois accompagnée) dans des situations qui illustrent ce qu’il appelle ses « petites philosophies » de la vie. Des œuvres très graphiques et très contrastées avec souvent une touche d’humour. La page de Garcin aux rencontres.
  • Jean-Michel Fauquet : Dans un style complètement différent, il accompagne Garcin dans la même exposition mais présente un travail sans lien évident. Les photos, qui ressemblent beaucoup à des dessins ou à des photos de dessins, brouillent les pistes et les repères et vous plongent dans une atmosphère étrange, parfois pesante. Fauquet présente ici un magnifique travail sur les nuances de gris, très profond et très graphique, presque dessiné. La page de Fauquet aux rencontres.
  • Pieter Hugo : Ce portraitiste présente ici un travail original : il a réalisé une série de portraits de lui et de ses amis d’Afrique du Sud qu’il a ensuite retouchés et manipulés de sorte de faire ressortir la mélanine et les défauts de la peau (brûlure du soleil, tâches …). Il en résulte une série étonnante où la couleur de peau est difficilement discernable et où les visages prennent des allures inquiétantes. La page de Hugo aux rencontres.
  • Anthony Cairns : Cet anglais présente ici une série de photos de Londres surprenantes. En effet, ce sont des photos argentiques partiellement développées puis ré-exposées et enfin tirées directement sur des plaques d’aluminium pré-enduites. Il en résulte une série, à mi chemin entre tirages et négatifs, d’atmosphères nocturnes (en tout cas on l’imagine), urbaines, mystérieuses. Pour moi qui adore ce genre de photos, j’étais conquis ! La page de Cairns aux rencontres.
  • Mars : Dirigée par Xavier Barral et la NASA, cette série (qui sortira bientôt en livre) présente des photos de la surface de Mars captées par une sonde en orbite autour de la planète. En noir & blanc, ces images présentent une diversité de paysages ahurissante qui font penser tantôt à une plaque de métal, tantôt à un champ de céréales, tantôt à une plaine enneigée, tantôt à une plaque de verre … Un ravissement. La page de Mars aux rencontres.
  • Alfredo Jaar : Une exposition singulière que celle d’Alfredo Jaar. Architecte de formation, il met en effet en place une vraie scénographie qui fait vivre physiquement l’exposition. L’objectif est ici de questionner le journalisme et en particulier le photo-journalisme, en mettant en avant les incohérences de la presse occidentale avec les conflits majeurs de ces dernières années. Au premier regard, je me suis dit « Oui bon, encore une présentation qui cherche à choquer ». Et puis une fois sorti, plus j’y pensais plus je me disais que c’était vraiment la meilleure exposition que j’avais vue et, « Ah oui, quand même! » … La page de Jaar aux rencontres.
  • Viviane Sassen : Photographe de mode, Sassen présente ici une série de photos (en couleurs) basées sur les corps, leur entremêlement, leur superposition, les ombres, des nus, … Des formes parfois sculpturales, souvent surprenantes. La page de Sassen aux rencontres.
  • SFR Jeunes Talents : Quatre lauréats du concours présentent ici leurs travaux. Tous différents, tous intéressants, leur œuvres sont autant de drôles mais bonnes idées à voir. La page du concours aux rencontres.
  • Promotion 2013 ENSP : Une exposition qui présente le travail de 4 jeunes photographes de la promotion 2013 de l’ENSP. Un moyen de découvrir de nouveaux talents et peut être de futurs grands photographes. La page de l’ENSP aux rencontres.
  • Conversations photographiques : Une idée très intéressante proposée par Olympus : faire dialoguer des photographes confirmées avec des jeunes pousses tout droit sorties de l’ENSP et en obtenir une conversation photographique, les jeunes reprenant et réinterprétant les œuvres de leurs aînés. La page des conversations aux rencontres.
  • Des clics et des Classes et le Pari(s) des enfants : 2 expositions qui présentent pour la première fois le fruit du travail de différentes classes de primaire, collège et lycée, accompagnées par des photographes confirmés; et Paris vu par des enfants de centre de vacances pour le second. L’idée de faire travailler des enfants sur la photographie me semble très enrichissante car ils ont souvent des idées originales, incongrues et hors du sens communs des adultes. La page des clics et des classes aux rencontres.

Il y en a bien d’autres que j’aurais aimé voir, comme par exemple Arno Rafael Minkkinen ou encore Erik Kessels, et bien sûr, Hiroshi Sugimoto. Mais on ne peut malheureusement pas tout voir en weekend.

Organisation

Pour finir, après ces louanges, je terminerai par une note un peu moins réjouissante. En effet, je voudrais émettre une grosse et vive critique à l’encontre de l’organisation du festival.

  1. En effet, je commencerai par le site web du festival qui me parait peu clair et très difficile à naviguer. J’ai eu beaucoup de mal à trouver des informations pertinentes pour préparer mon weekend.
  2. Ensuite, les rencontres ont mis en place une application, réalisée par SFR, pour smartphone. L’idée est bonne, excellente même, mais la réalisation est nulle. L’application met plus d’une heure pour charger les données, sans aucun message, on croit donc que rien ne se passe et finalement, l’application est vide. Bref, un raté monumental. Je vous renvoie vers mon commentaire sur le play store pour plus de détail.
  3. Enfin, l’organisation sur les lieux mêmes laisse à désirer. En effet, sans rentrer dans les détails, nous avons été très mal informés lors de la prise de billets, il y a eu un changement d’organisation des visites guidées qui nous a poussé à laisser tomber cette opportunité qui était au centre de notre weekend, et ce sans aucune compensation de la part de l’organisation du festival.

Bref, vous l’aurez compris, de ce point de vue, c’est une grosse déception.

Entendons nous bien, le festival est clairement de qualité avec des expositions superbes et bien construites, des lieux agréables, mais c’est clairement l’organisation, l’encadrement que je veux critiquer ici.

Enfin, je clôturerai cette article par un petit conseil au sujet des pass. Les rencontres mettent en place un pass journée et un pass pour le festival en entier. Ce dernier est valable pour toute la durée du festival, sans limite de visite ou autre. Mon conseil est donc de prendre un pass festival si vous prévoyez de rester plus de 2 jours à Arles. A partir de 5 visites ce pass est amorti et cela permet de profiter du festival sans courir partout pour en profiter un maximum ou rentabiliser son forfait.

Sur un week end, prendre plutôt un pass journée et essayer d’en profiter un maximum, il sera amorti au bout de 4 visites, ce qui est largement faisable dans la journée.

 

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